mardi 1 octobre 2013

Plaidoyer contre la notion d'obéissance dans l'éducation des enfants...(suite)

Vous allez me dire, c'est bien beau ça d'être contre la notion d'obéissance....mais comment fait-on concrètement, à la maison?

En regardant l'éducation sous un angle différent, en supprimant l'idée d'obéissance, on supprime également le recours à la violence. 

Tout d'abord, pour ceux qui n'ont pas suivi, l'introduction de mon article se trouve ici

Bannir le terme "obéissance" au profil de "coopération" ou "participation". 

Cela peut sembler anodin, mais quand on y réfléchit, les mots ont un impact tant sur nous que sur les autres. Les mots ont leur importance.
L'obéissance est une action passive, une action de soumission à une autorité alors que la coopération ou la participation suggère que chacun est acteur, une notion d'égalité, d'équité.



L'important est donc de s’interroger honnêtement sur ce que l'on préfère, nous adultes, afin que l'éducation que nous donnons ne soit pas en désaccord profond avec notre éthique. En gros que nos actes correspondent réellement à nos mots. Tous les parents savent bien, que lorsqu'on est pas convaincu soit même, autant "pisser dans un violon" que de parler avec son enfant. Et oui, être convaincu du bien fondé de notre demande est la première étape, et la seule qui va nous permettre d'apprendre à notre enfant les règles de vie en communauté.

Si vous aimez vous soumettre à une autorité, ne pas avoir votre mot à dire et exécuter des ordres sans réfléchir....mieux vaut continuer à attendre de vos enfants qu'ils obéissent car cela correspond à votre éthique profonde.
Je ne juge pas...mais je capte pas...., pour les conseils d'éducation vous avez Ruffo et tutti quanti...

Pour les autres :
-la première étape pour tous les changements que j'ai effectué chez moi, c'est d'abord, une réflexion sur les mots qu'on utilisent fréquemment, puis une suppression de ces mots...par exemple je me suis questionnée sur le mot "bêtise", faire une bêtise, être bête? , nous avons même eu un mini débat avec le cher et tendre...bref, il s'avère que nous utilisons ce mot pour tout et rien, si on renverse un verre par exemple, nous ne disons plus "bêtise" mais "maladresse" qui correspond mieux à la réalité de l'acte.. cependant nous avons choisi de ne pas éradiquer ce mot car nous estimons que cela peut nous arriver de "faire de choses bête" qui peuvent correspondre au terme "bêtise"....mais bon, la réflexion ne s'arrête jamais....et puis on fait pas des "bêtises" tous les 4 matins!!! et franchement je ne me souviens pas que ce mot ait été employé récemment chez nous...Bref, cette petite transgression pour montrer que les mots ont un impact sur celui qui les emploie mais aussi sur celui qui les reçoit... et que l'on peut changer de manière de faire, rien qu'en prenant conscience de ce que l'on dit.

-réfléchir à ce qu'on dit et modifier sa manière de faire, permet de prendre conscience des améliorations à effectuer...mais vas pas non plus te dire que c'est horrible ce que tu faisais avant...et de t'auto-flageller!!! Bah oui, on a souvent peur de changer car ça veut dire qu'on faisait mal avant.... et bien rassure toi c’est des conneries!!
 J'ai bossée pendant 12 ans dans la petite enfance (j'étais éducatrice de jeunes enfants) alors les conneries, j'en ai dit et j'en ai fait...et bien, que voulez vous? j'ai reçu une formation correspondant au monde dans lequel on vit, avec Freud et ses théories soit disant universelles!! Alors tous les enfants ont un œdipe, sinon RRhhooo c'est très grave, et puis il faut se séparer et puis enfin bref...vous savez qu'on est tous névrosés et que c'est le moins pire car sinon vous êtes pervers ou psychotique...d’ailleurs l'enfant est un pervers polymorphe!!!  d’ailleurs il y a quelqu'un qui en parle mieux que moi ici
Bref, tout ça pour dire que tu n'es pas obligé de te sentir coupable d'avoir fait des erreurs ou tout simplement de changer d'avis!!!
 "y'a que les cons qui ne changent pas d'avis!!!" non?


Le changement s'amorce dans nos têtes mais concrètement comment faire pour ne pas imposer l'obéissance tout en réussissant à vivre ensemble en harmonie?

Pour que nos enfants "participent" et "coopèrent" il faut bien évidemment le leur permettre. Si tout est interdit, et si dès qu'il font quelque chose on les gronde car ils renversent/font mal/pas assez vite, bah après il ne faut pas s'étonner qu'ils prennent moins d'initiatives..(comme nous au taff quoi!!)
Le parent doit s’efforcer d'agir en accord avec sa pensée profonde.

-laisser parler l'initiative de l'enfant
-accompagner son enfant avec bienveillance dans son initiative
-adapter l'environnement à l'enfant afin de ne pas le mettre en difficulté/danger


Un exemple?
Allez...

Je commence à faire à manger...le baby boy arrive en courant avec son marche pied
-"moi aussi, moi aussi, je veux t'aider"
-"ok, le baby boy" je lui fais une place, je lui donne un épluche légume et la consigne : -"baby boy, les épluchures vont dans ce bol, il faut retirer la peau vert foncé de la courgette"
pendant qu'il s'active tranquillement pendant une 10aine de minutes, j'ai le temps d'avancer la préparation.
-"et maintenant maman? "
-"et bien maintenant je vais découper des lanières de courgettes et toi tu pourras couper des carrés"
Je lui donne un couteau,( qui coupe hein!!! sinon il risque pas d'y arriver!!), j'ajuste la tenue du couteau en rappelant les règles de sécurité...

Les baby boy, comme beaucoup de baby child se lassent rapidement et après avoir lancé un "c'est trop long" s'en va jouer aux big jim...
Résultat, on a passé un moment sympa, le baby boy m'a aidé et a renforcé son estime de lui même. Il a montré qu'il voulait participer.... j'ai encouragé et accompagné cette impulsion, je ne lai pas forcé à continuer afin de lui donner envie de repartager un autre moment agréable une autre fois car il en a un souvenir plaisant. En plus, il a exercé sa motricité fine... bref, tout bénef....

Le scénario aurait pu etre tout autre.
Je commence à faire à manger...le baby boy arrive en courant avec son marche pied
-"moi aussi, moi aussi, je veux t'aider"
 -"non baby boy, va jouer, j'irai plus vite toute seule"
Sentiment de rejet... impression d'être trop petit, pas assez rapide...bref nul...
-"MAIS JE VEUX FAIRE CA AUSSI"
Hurlement, pleurs du baby boy frustré...
-"bon, ça suffit maintenant, je t'ai dit non, quand c'est non c'est non!!!, non mais qui c'est commande? "
Hurlement et roulage par terre...
-"allez va dans ta chambre, je veux plus te voir!!!"
Sentiment de rejet et de désamour.... et on apprend que vouloir aider c'est mal....

Dans le second cas l'enfant n'obéit pas... dans le premier il participe. 


Il va sans dire que le second cas m'arrive occasionnellement, mais je m'évertue à ce que cela reste une exception.....bah oui, ça m'arrive d'être fatiguée et de manquer de patience.... et je vais m'excuser après...car, il n'est pas interdit de s'excuser auprès de nos enfants, il nous arrive aussi d'avoir des comportement inadaptés...et les enfant apprennent par imitation, ne l 'oublions pas....
Cela dit, en changeant ma manière de voir et de supprimer de mon cerveau la notion de dominant=parent/dominé=enfant, et du coup obéissant au profil de participant ou coopérant, ce genre de situation est plus que rarissime...et sans effort.. cela devient l'évidence même....

Je t'ai déjà dit que l'éducation bienveillante est un chemin....!!! et un chemin sinueux... mais oh combien merveilleux!! 
Ce n'est pas d'arriver au bout qui compte mais Le Chemin lui même.....(ouahhhh, je sais pas d’où me vient cette phrase mais ça me fait penser à un truc bouddhiste... vachement profond!!! je m'auto impressionne dit!!)
J'aurais bien d'autres exemples, mais là j'ai déjà perdu mes lecteurs facebook....et oui, les articles longs sont chiants à lire...


3 commentaires:

  1. J'essaye comme toi d'évoluer sur le chemin de l'éducation bienveillante et ça n'est pas toujours facile et j'ai parfois mes failles mais je reste convaincue que c'est la bonne voie :-)
    Ca n'est juste pas toujours facile de le faire comprendre à ceux qui pensent qu'ils savent mieux que moi...

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    1. Merci Emma pour ton commentaire.
      Oui, en matière d'éducation il y a toujours un jugement de la part de l'entourage, et je mentirais si je disais que lorsque je vois un enfant recevoir une tape je ne juge pas le parent...si je peux comprendre l'instant, l’énervement, je ne peux pas comprendre que des parents utilisent ça comme un incontournable de leur éducation....peut être que cela fait aussi de moi, à leurs yeux, quelqu'un qui pense savoir mieux qu'eux?
      Être parents implique, pour moi, que l'on s'informe, développe des connaissances sur les capacités des enfants en fonction de leurs ages...c'est facile maintenant avec internet, on peut s'informer, lire, réfléchir...
      Les parents qui ne se remettent pas en question...et qui légitiment l'usage de la violence (punitions corporelle ou autre) en disant qu'eux même de sont pas mort d'avoir reçu des fessées (et qu' ils remercient leurs parents!! ) et bien, pense vraiment qu'ils ont tord!! Donc, je les juge... c'est nul, je sais, et je n'ai pas encore réussit à surmonté défaut.. au fait, ils pensent tellement avoir raison, que ça me fait me positionner encore plus radicalement dans le "non c'est moi, qui ai raison!!"
      Plus la personne en face de moi est bornée, plus je deviens bornée!!! complètement con comme réaction!! Merci, encore pour ton message, car l'air de rien ça m'a fait mettre en mots et réfléchir....je suis sur que ça a débloquer un truc...
      En tout cas, je suis sur que c'est la bonne voie aussi, Ma bonne voie en tout cas, celle du cœur... celle de la remise en question, celle de la découverte d'une autre manière de communiquer, celle de l'écoute et de l'échange ou chacun peu exister en liberté et en conscience...A bientot ...

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